Les moules perlières de la Truyère et de ses affluents

Article rédigé par Anthony Caprio,
chargé de mission Natura 2000 Saint Flour Communauté

Dans le cadre d’une mission confiée par les services de l’État à Saint-Flour Communauté, des réunions se déroulent sur l’ensemble des communes riveraines de la Truyère et de ses affluents d’intérêt pour cette espèce. L’objectif est de présenter les enjeux liés à la Moule perlière et les perspectives sur le territoire en lien avec la démarche Natura 2000.

La réunion sur la commune de Val d’Arcomie s’est déroulé en première partie du conseil municipal en date du 02 juin 2021.

Pourquoi la Moule perlière ?

De son latin Margaritifera margaritifera, la Moule perlière pourrait avoir donné son nom à la Margeride, aussi appelé la Margarida dans la revue d’André SOUTOU datant de 1956.

En effet, le bassin versant de la Truyère accueil encore aujourd’hui une des plus belles populations de moules perlières de France et d’Europe occidentale.

Présente sur le bassin versant, il s’agit tout de même d’une espèce dont les effectifs ont diminué de 99% en France et qui a disparu de nombreux cours d’eau. Cela en fait un des bivalves les plus menacés au monde. Sur les cours d’eau où elle est encore présente, il s’agit pour la plupart de populations vieillissantes sans que les jeunes individus arrivent à atteindre la maturité sexuelle, qui est tardive pour cette espèce (entre 7 et 15 ans). Il faut dire qu’elle peut atteindre près de 100 ans en France et jusqu’à 250 ans dans les rivières froides de Russie.

Très sensible a sa qualité d’habitat et autrefois convoitée pour ses perles malgré que très peu en produisent (1 perle pour 1 000 à 5 000 moules), elle est aujourd’hui protégée, car en danger critique d’extinction.

De par ses très hautes exigences de qualité d’eau et d’habitats, la préservation de cette espèce permettra aussi la préservation de cours d’eau de qualité, bénéfique à l’ensemble des autres espèces, mais aussi aux activités en lien avec les rivières (agriculture, eau, loisir…).

Au premier rang, la Truite fario (Salmo trutta) dont la Moule perlière est dépendante pour sa reproduction. En effet, les petites moules libérées dans l’eau doivent impérativement passer par une phase d’accrochage dans les branchies des truites pour grandir et après tomber dans le substrat dans lequel elles s’enfouiront quelques années avant de ressortir.

Un site Natura 2000 pour une appropriation et une gestion locale

Pour permettre le maintien de cette population de moules perlières sur le bassin versant de la Truyère, les services de l’État ont proposé d’étudier les possibilités d’étendre le site Natura 2000 « Section à moule perlière » à l’ensemble de cette rivière, mais aussi à quelques affluents à enjeux.

Ce travail comprend une compilation de l’ensemble des connaissances et une concertation locale afin de proposer le site le plus adapté à ce secteur de Margeride et d’Aubrac.

L’objectif de ces sites est de préserver la biodiversité tout en maintenant et développant des activités humaines. Apport de connaissance, mise en place d’actions de sensibilisation et de gestion auprès de personnes volontaires, sont autant d’action à développer en impliquant les acteurs locaux.

Sur ce secteur de la Truyère, le périmètre pourrait comprendre les cours d’eau, les berges et potentiellement les parcelles riveraines si elles sont comprises dans un périmètre de 100 autour du cours d’eau. Sinon, une limite de 35 m en milieu agricole sera établie et une limite de 10 m en milieu forestier. Les zones urbanisées, bien que peu nombreuse le long de ce cours d’eau sont exclues de la proposition de site.

C’est donc l’ensemble de ces éléments qui sont présentés aux communes et par la suite au EPCI et acteurs socio-professionnels du territoire, afin de proposer le site le plus pertinent vis-à-vis des enjeux nationaux de préservation de la Moule perlière, mais aussi vis-à-vis des usages et activités sur le bassin versant.

Lutte contre l’Ambroisie à feuille d’Armoise

L’ambroisie une plante envahissante qui nuit à la santé

Ambrosia artemisiifolia, l’ambroisie à feuilles d’armoise, communément appelée Ambroisie, est une plante envahissante qui est apparue pour la première fois en France à la fin du XIXe siècle.

Son pollen est très allergisant, il suffit de quelques grains de pollen par mètre cube d’air pour que les symptômes apparaissent. 6 à 12 % de la population exposée sont allergiques à l’ambroisie. Depuis environ 20 ans, elle est en pleine expansion et colonise une grande partie de la France. Les pollens sont libérés d’août à septembre avec généralement un pic vers la mi-août.

La préfecture communique à la population des documents afin d’identifier et de lutter contre la prolifération de cette plante qui menace de plus en plus la santé des plus fragiles.

Dans tous les cas, il est important de signaler l’Ambroisie sur le site dédié : http://www.signalement-ambroisie.fr/

Plaquette de l’état des lieux dans le Cantal :

Télécharger (PDF, Inconnu)

Plaquette du plan d’action départemental :

Télécharger (PDF, Inconnu)

Reconnaître l’ambroisie

Les feuilles : Larges, minces, très découpées, elles sont du même vert sur chaque face (ce qui les distingue des feuilles de l’armoise). Pas d’odeur quand on froisse la feuille entre les doigts.

La tige est généralement poilue, solide et fortement ramifiée d’une hauteur de 70 cm en moyenne.

Les fleurs : Petites et verdâtres, elles sont disposées à l’extrémité des tiges. Les fleurs mâles et femelles d’une même plante sont séparées.

Petites et verdâtres, elles sont disposées à l’extrémité des tiges. Les fleurs mâles et femelles d’une même plante sont séparées.

  • Les fleurs mâles sont groupées en longs épis bien visibles,
  • les fleurs femelles sont très discrètes, insérées à l’aisselle des feuilles à la base des épis « floraux », isolées.

Recensement des mares sur le territoire de la Truyère cantalienne

Saint Flour Communauté lance un projet de restauration des trames vertes et bleues (autrement dit l’écologie terrestre et aquatique) sur la Planèze et sur la Truyère cantalienne. Dans ce cadre, le conservatoire d’espaces naturels (CEN) d’Auvergne et le centre permanent d’initiative pour l’environnement (CPIE) Haute-Auvergne ont pour mission d’inventorier les mares du territoire. En effet, outre l’aspect paysager, culturel ou leur rôle dans l’abreuvement du bétail, les mares présentent un enjeu pour la biodiversité et sont indispensables au développement d’espèces reconnues comme “très vulnérables”.

L’objectif est donc de recenser les mares dans un premier temps, avec l’aide de la population locale.

Vous pouvez les localiser sur la carte ci-dessous, les nommer sur le tableau ci dessous (cliquez dessous pour afficher en grand et imprimer), et envoyer le tout par courrier ou par mail à :

Evéa Mautret : evea.mautret.cpie15@orange.fr, tel 04 71 48 49 09

Julien Tommasino : julien.tommasino@cen-auvergne.fr, tel 09 70 75 04 95

N’hésitez pas à les contacter pour plus d’infos.

Un outils de pointage des mares est aussi disponible en ligne à l’adresse www.cartes.cen-auvergne.fr.